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Corrigés bac - série L

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Publié le 06/04/2017

Sujet de dissertation n°1 philo - bac L

SUJET n°1 : La science se limite-t-elle à constater les faits ?

Une opinion courante consiste à affirmer que la science se donnerait pour tâche de constater les faits, de décrire ce qui est. Or cette affirmation rencontre trois obstacles : l'unité de la science fait problème, la science semble au contraire établir des lois et non des faits, quel sens peut bien avoir un "fait" mathématiques, logiques ou préhistorique ? A partir de ces trois difficultés il s'agit d'interroger le présupposé empiriste de la science naïve, à la lumière de la pluralité des sciences mais aussi des avancées des sciences contemporaines.

I Une opinion naïve il semble que la science se limite-t-elle à constater les faits
I.1 Savoir = décrire ce qui est, c'est-à-dire les faits sensibles. L'opinion affirme "c'est vrai parce que c'est réel". Or la science vise l'universel et l'établissement de lois

I.2 On appelle empiriste cette position selon laquelle l'ensemble de nos connaissances du monde physique seraient dérivées de l'expérience. Ainsi pour Hume, les lois, anticipations et concepts scientifiquement dérivent toute entière de l'expérience sensible et de l'habitude. Ainsi la science serait inductive (elle remonterait des phénomènes jusqu'aux lois générales). Plus grand serait e nombre des observations plus générales et sûres seraient les lois.

I.3 Or cette idée ne résiste pas à l'épreuve de l'histoire et de la pratque de la science pour au moins trois raisons décrites Chalmers dans Qu'est-ce que la science ?.
- D'un point de vue logique : dans une inférence inductive, la vérité des prémisses ne garantit pas la vérité de la conclusion. C'est l'exemple fameux de la dinde inductiviste de Russell qui par raisonnement inductif, affirme : " je suis toujours nourrie à 9h00 du matin ". Or, cette conclusion se révéla fausse quand, un jour de noël, à la même heure, on lui tordit le cou.
- le choix (et la sélection) des données ne sont pas déterminés par le principe d'accumulation mais au contraire de cas limites.
- Observer sans théorie conduit à une observation aveugle.

II La révolution copernicienne
II.1 Kant qualifie de "révolution copernicienne" la révolution opérée par les scientifiques de la Renaissance pour lesquels il s'agissait d'acquérir une connaissance par un acte prémédité, orienté et mathématisant de l'esprit. Par exemple la loi de la chute des corps est établie par Galilée non par l'observation de corps en chute libre dans l'air mais dans un espace vide, sans frottement dont il n'a pu faire l'expérience. L'expérience de pensée et la primauté de la théorie sur la constatation devient le principe de la science moderne, c'est-à-dire hypothético-déductive.

II.2 Il s'agit dès lors de tourner le dos au fait pittoresque pour construire le fait scientifique. -> Bachelard : "L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique toute connaissance est une réponse a une question. S'il n'y a pas eu de question il ne peut pas avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit."
Le lieu par excellence de l'observation scientifique n'est donc plus la nature mais le laboratoire où sont interogés, provoqués, délimités, définis les faits. Fait scientifique = fait expérimental et polémique.

II.3 De plus la science inclut les sciences pures (logique, mathématiques, géométrie, algèbre) d'une part, qui ne rencontrent les faits physiques qu'à la marge, et les sciences humaines (histoire, économie, sociologie, etc) dont les faits doivent être interprétés parce qu'il sont le fruits de l'action d'un agent libre et rationnel, sans quoi ils n'ont pas de sens. Or on ne constate pas une liberté ni une raison.

III La sicence contemporaine invente les faits (techno-science)
III.1 Découverte différe de l'invention -> pas seulement machines mais matière et vivant sont produits par la science contemporaine. Matière organique de synthèse, OGM, etc ne sont pas constaté mais produits par la science.

III.2 Coeur de la révolution scientifique issu de la renaissance est un projet de maîtrise de la nature. cf Descartes : "Se rendre comme maîtres et possesseurs de la nature" (Discours de la méthode). C'est ce mouvement de domination de la nature que Heidegger qualifie d'"arraisonnement de la nature". Selon le philosophe allemand,l'essence de la techno-science est une soumission à la raison par le moyen « d'une provocation par laquelle la nature est mise en demeure de livrer une énergie qui puisse comme telle être extraite et accumulée. »
-> pouvoir démiurgique de l'homme qui crée la nature et la transforme à volonté.

III.3 Problème de la science porte bien sur son incapacité à se "limiter". Comme le montre Hans Jonas dans Le principe responsabilité cette maîtrise de la nature a elle-même besoin d'être maîtrisée, et il n'est pas dit que l'homme en soit pour l'instant capable..

 

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