Tout pour le bac
Phosphore

COMMENT REVISER LE BAC 2017 ?  -  MATIERES

Corrigés bac philo - série ES

Intellego

Publié le 06/04/2017

Sujet de dissertation n°1 philo - bac ES

SUJET n°1 : Interprète-t-on à défaut de connaître ?

Selon l'opinion commune l'interprétation serait une connaissance faible (on parle de "science molle") face aux connaissances explicatives objectives des sciences pures (logiques, mathématiques, géométrie) ou des sciences de la nature. Pire encore l'idée d'interprétation constituerait un jugement de valeur désignant la subjectivité, le manque de rigueur et l'incertitude d'un jugement. Pourtant on peut se demander si cette opposition est légitime. Au nom de la valeur propre de l'interprétation, doit-on distinguer radicalement le domaine des sciences physiques et de la nature et celui des sciences de l'homme ? Ou, au contraire, connaître n'est-ce pas toujours aussi interpréter ? Peut-on penser que l'interprétation a vocation à devenir une explication ou est-elle irréductiblement distincte ?

I L'interprétation comme explication incomplète
I.1 Dans les sciences expérimentales l'explication est le seul principe pour rendre compte d'une vérité. Elle consiste à établir des lois de causalité et en conséquence à permettre l'anticipation des phénomènes (ex : chimie). La vérité explicative suppose la généralité et la soumission au principe de l'expérimentation (au moins possible, comme le montre Popper : falsifiabilité comme critère de science)

I.2 L'objectivité résulte de cette distance de l'observateur par rapport à l'objet observé. cf allégorie de la caverne qui consiste à mettre à distance l'opinion, le corps et la sensibilité afin de s'acheminer vers l'idée. Révolution scientifique galiléenne consiste à mathématiser le réel afin de le réduire à des catégories purement asbstraites et causales (ex : loi de la chute des corps).

I.3 Or le modèle des sciences expérimentales ne peut s'appliquer à l'ensemble du vivant (cf biologie qui doit adopter d'autres principes comme le montre Monod dans Le Hasard et la Nécessité : morphogenèse autonome, invariance reproductive, téléonomie)
Ainsi ce qui apparaît à mesure que la science progresse c'est la complexité des modèle d'explication, dont la causalité n'est qu'un des modalités.

II L'affirmation d'une science de l'homme
II.1 Au XIXème siècle se fait jour l'idée d'une science de l'homme dont l'interprétation (ou compréhension) serait le principe. Dilthey montre ainsi que l'homme porteur de conscience, de sens et de projet doit être abordé selon de nouvelles catégories. Or l'intériorité est inaccessible. Pour ne pas sombrer dans les obscurités et la l'équivocité la voie ouverte par Dilthey, résidera dans l'étude des oeuvres, comme signes de l'intériorité (d'un individu, d'une communauté, d'une civilisation).
Dilthey : "Nous appelons compréhension le processus par lequel nous connaissons un « intérieur » à l'aide de signes perçus de l'extérieur par nos sens. C'est l'usage de la langue, et la terminologie psychologique fixe dont nous avons tant besoin ne peut être mise sur pied que si tous les auteurs conservent régulièrement toutes les expressions déjà solidement établies, bien délimitées et propres à rendre des services. La compréhension de la nature - interpretatio naturae - est une expression figurée."

II.2 L'interprétation doit dès lors affronter deux difficultés, appelées "cercle herméneutique" : une interprétation ne peut se justifier qu'en se référant à une autre interprétation ; l'interprétation d'un tout s'appuie sur l'interprétation de ses éléments ; or ceux-ci dépendent les uns des autres, donc du tout.

II.3 un exemple de science interprétative : histoire, psychanalyse, économie, sociologie
Pour autant on peut se demander si toute science ne suppose pas une part d'interprétation.

III Expliquer c'est toujours interpréter
III.1 C'est ce qu'affirme par exemple Nietzsche. Lorsqu'il affirme : "promesse de la science : la science moderne a pour but aussi peu de douleur que possible" il signifie le projet, l'intention de la science sans laquelle elle ne peut être que partiellement comprise. De la même façon Heidegger qualifie "d'arraisonnement de la nature" le projet de la science moderne initié par Bacon, Descartes ou Galilée.

III.2 De la même façon toute connaissance portant sur un phénomène humain comporte une part d'explication sans laquelle sa rationalité serait difficile à mettre en lumière. ex. climatologie ou mathématiques en histoire.

III.3 Pour autant on peut se demander si, à terme, la connaissance, dépassant l'équivocité des interprétations ne serait pas envisageable, comme le réductionnisme des neurosciences ou de la génétique l'ont défini en guise de programme scientifique.

 

 

Rechercher dans tout le site







Publicite