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Corrigés Bac Français - série ES - Objet d'étude : le roman et ses personnages

Publié le 06/04/2017

Des profs de français ont planché comme vous sur les sujets du bac 2011. Découvrez ici le fruit de leur réflexion...

II - Le commentaire - Emile Zola : La fortune des Rougon

CORRIGÉ DU COMMENTAIRE : texte C, Emile ZOLA, La Fortune des Rougon, chapitre I, 1871.


INTRODUCTION :
Emile Zola a voulu dans les vingt volumes du cycle des Rougon-Macquart, peindre la société sous le second empire à travers l'histoire d'une famille. Dans le premier volume, La Fortune des Rougon publié en 1871, il évoque le coup d'état du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte et ses conséquences. De nombreux soulèvements populaires ont lieu, notamment en Provence. Notre texte évoque une de ces insurrections républicaines dans les environs de la ville de Plassans. Zola y décrit dans un cadre naturel, l'avancée de milliers d'hommes, déterminés et combatifs. Il faudra s'intéresser à la manière dont l'auteur réussit à magnifier cet épisode et à lui donner une certaine grandeur.
Nous verrons dans un premier temps comment l'avancée de « la bande » se déroule sous le signe d'un chant de colère avant de considérer la transfiguration épique de l'épisode.


I - Un chant de colère
A) Du silence au chant
« La bande » constituée de milliers d'hommes commence sa marche « dans la paix morte et glacée de l'horizon ». Le terme « paix » associé aux deux adjectifs qualificatifs « morte » et « glacée » évoque un paysage silencieux et sans vie. L'auteur va donc décrire cette marche en amplifiant le bruit des insurgés qui va donner vie à la nature. Ainsi « les chants » qui (enflent), lignes 4 et 5 vont se préciser pour devenir « un éclat assourdissant » : la Marseillaise.

B) Du chant au rugissement
Au fur et à mesure de l'avancée de la bande, le chant prend de l'ampleur jusqu'à devenir « un rugissement populaire ». La dimension animale déjà présente dans l'adjectif « monstrueuse » qualifiant le terme « trompettes » se précise ici. Le chant se mue en cris féroces tels ceux du lion en colère.

C) Un spectacle total
Le chant lexical de la musique et du bruit en général est omniprésent dans ce texte. En dehors des chants qui animent les hommes, la présence de trompettes ou de tambours dans des constructions comparatives (lignes 7 et 9) donnent une dimension spectaculaire à la scène. « Le large amphithéâtre » où se déroule l'action associé au participe présent « acclamant » (L 15) évoque un spectacle plus qu'une simple révolte. Les voix émanant des différents lieux (horizons, rochers, pièces de terre labourées, bouquets d'arbres, broussailles), donnent l'impression d'un chant en canon où le refrain est repris de manière décalée.

Si la marche des insurgés s'entend plus qu'elle ne se voie, l'auteur va plus loin en transfigurant la scène de manière épique.


II - Une transfiguration épique
A) La description des insurgés

Dès le début du texte le terme « bande » au singulier donne au groupe humain une dimension de force et d'unité.Les adjectifs qualificatifs « superbe » « irrésistible » ainsi que l'adverbe « terriblement » dans la même phrase insistent de manière hyperboliques sur l'admiration voire la peur que peuvent susciter ces milliers d'hommes avançant de manière déterminée et prêts à se battre.

B) La personnification de la nature
« La campagne endormie s'éveilla en sursaut », « la campagne ... criait vengeance ». Ces deux phrases montrent comment la campagne, à l'image des insurgés devient actrice de la révolte.
Nous comprenons grâce au mot « échos » à la ligne 10, que même si l'auteur dote la campagne d' « entrailles » tel un être humain, ce sont bien les chants des hommes qui par échos se répètent.

C) L'alliance entre les hommes et les éléments
Tous les éléments sont convoqués pour donner à cette scène sa dimension épique. La métaphore du torrent (l'eau) au début du texte, la présence du ciel à la ligne 6 (l'air), les pièces de terre labourées (la terre), voire le feu « notes ardentes » ligne 10. La nature toute entière s'allie à l'homme dans ce combat grandiose : la série de compléments circonstanciels de lieux d'où émanent les chants (bouts d'horizons.. )
Montre que toute la nature est mobilisée.
A trois reprises l'auteur avec les termes « semblent », « comme » et « parussent » montre bien qu'il s'agit d'une transfiguration de la réalité. La vision d' « un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés » ligne 15, donne plus de force à la vision épique . Les adjectifs s'opposent apparemment, invisible et innombrable mais amplifient surtout la masse des hommes cachés et que l'on peut seulement imaginer.

CONCLUSION :
Nous avons évoqué la manière originale dont Zola évoque l'insurrection républicaine qui ouvre La Fortune des Rougon : une vision épique au son d'un chant révolutionnaire . Loin de s'attacher uniquement à la dimension réaliste d'un fait historique, l'auteur choisit en effet de le mettre en scène afin de le magnifier et de frapper l'esprit du lecteur.Opposant farouche à celui qui va mettre en place le second empire, Zola tente de hisser au rang de héros ,le peuple qui s'attaque à plus fort que lui avec fougue et détermination.

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